L'argent a toujours révélé certains comportements extrêmes : la langue française les décrit avec humour (Crédit Adobe Stock)
La langue française adore transformer l'argent en images : paniers troués, chandelles brûlées, poches qui piquent… Derrière ces formules souvent drôles, on trouve une vraie petite sagesse populaire sur les finances personnelles : voici un florilège de termes pleins de bon sens !
Quelles expressions désignent les personnes qui dépensent beaucoup d'argent ?
Être un panier percé
L'image est parfaite : l'argent entre, mais ressort aussitôt. Dans l'usage courant, on emploie cette formule pour qualifier une personne dépensière, incapable de garder ses sous vers elle ou sur son compte bancaire. Une expression très utile pour parler des économies qui disparaissent par petites dépenses répétées.
Jeter l'argent par les fenêtres
Expression très connue, mais toujours efficace. Elle illustre une dépense inutile, excessive, presque théâtrale. Pour un particulier, c'est l'inverse d'une bonne gestion : on ne pilote plus ses finances, on disperse ses économies, avec un côté ostentatoire assumé.
Brûler la chandelle par les deux bouts
L'expression signifie consumer trop vite ses ressources, sa santé ou son bien. Elle parle autant de fatigue que d'argent : vivre intensément, mais à crédit, finit souvent par coûter cher, en ramenant la personne ayant amassé un pécule à sa situation initiale.
Manger son bien
Expression ancienne et très parlante : on “mange” son patrimoine en le dépensant peu à peu. Elle rappelle qu'un capital, même confortable, peut disparaître si l'on confond revenus et réserves.
À l'inverse des dépensiers avérés, la langue française s'est aussi beaucoup amusée de ceux qui gardent leur argent trop jalousement.
Quels termes anciens moquent l'avarice et l'obsession de l'argent ?
Être près de ses sous
L'expression n'est pas forcément injurieuse : elle désigne quelqu'un de très attentif à la dépense. Mais poussée trop loin, cette prudence devient crispation permanente, surtout pour l'entourage.
Être pingre
Expression plutôt familière employée pour une personne dépensant le moins possible, souvent avec mesquinerie. C'est l'épargnant version caricature.
Être un grippe-sou
Littéralement, celui qui “agrippe” les sous. Le terme, attesté par les grands dictionnaires, vise une avarice active, presque nerveuse : on retient chaque pièce comme si elle allait échapper à son propriétaire.
Picsou, créé par Carl Barks pour Disney, appartient lui aussi à la grande famille des grippe-sous : malgré son immense fortune, il reste obsédé par l'accumulation, les économies et la peur de voir disparaître le moindre sou.
Être ladre
Mot ancien, dur, qui désigne un avare sordide. Dans les dictionnaires, il porte une nuance plus sévère que “économe” : ici, l'argent devient une obsession.
Harpagon, dans L'Avare de Molière, illustre de manière humoristique l'expression "être ladre" : son amour de l'argent tourne à la maladie, au point de sacrifier le confort, les sentiments et même sa famille à la conservation de sa cassette.
Avoir des oursins dans les poches
Plus imagée et très drôle : pour la personne visée par ce trait de caractère, il est impossible de sortir la main de sa poche sans se piquer. Autrement dit, payer fait mal !
Ces expressions rappellent une règle simple : entre dépenses incontrôlées et épargne excessive, le bon équilibre consiste à faire de l'argent un outil. Les meilleures finances restent celles qui servent à accomplir des projets de vie.
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